"OTAGES" de Mehdi El-Kharoudy - Maroc-90'

La fiction dépasse la réalité. Le réalisateur s’empare d’un fait réel ; le massacre des habitants d’un village Yazidy par des combattants de l’Etat Islamique .

Medhdi El-Khoudy réalise un film sans concessions, parfois insoutenable.

Le processus de recrutement,l’endoctrinement,l’entraînement des recrues et enfin leur volonté de détruire tout ce qui paraît impie ; voire satanique est disséqué par une caméra qui scrute les visages, décrit la violence des hommes et de leur chef.

Ces musulmans malades d’eux-mêmes sont conditionnés par la haine ; le goût de la mort dans l’espoir d’une vie paradisiaque sans mécréants......

L’un des protagonistes Yazidi survit au massacre ; son épouse et sa famille prises en otage subissent outrages et tortures. En zone libre il espère retrouver sa femme.

Celle-ci trouve un certain réconfort grâce à la prise de conscience d’un djihadiste qui réalise le cheminement erratique et sans issue qu’il a suivi.

Il parviendra à libérer les otages en tuant son chef et en se sacrifiant au check-point tenu par des enfants fanatisés,pareils aux enfants soldats d’Afrique.

La narration est fluide .

La symbolique du chef du village Yazidi ,mort-vivant qui s’entretient avec le djihadiste représente une conscience qui s’ouvre à la tolérance, à l’amour de l’autre .

Déconcertant au début , ce parti pris s’avère gagnant .

Le choix de ce comédien en particulier ne doit pas exclure l’ensemble des interprètes ; tous crédibles dans leur rôle.

Félicitons ce réalisateur courageux, la cinématographie marocaine, la meilleure des pays musulmans, pour cette œuvre marquante, indispensable à la compréhension  des dérives relgieuses de ceux qui remplacent l’amour par la haine .

                                                                  Robert Lombaerts

SOIREE DE CLOTURE d'AFLAM DU SUD - " MATARES" film de Rachid BENHADJ

Fathou chante . Extraits de " Matares " le racisme en Algérie sous forme de conte; Une soirée dense comme toute la programmation de Rachida Chbani

OUVERTURE D'AFLAM DU SUD Festival du film arabe 2020 9ème édition

Soirée d'ouverture avec un premier film
de Mohamed Amine MOUNA "PUNCH"

" PUNCH" de Mohamed Amine MOUNA MAROC 84 '

Une soirée à la fois réjouissante et triste au Bozar dans une salle occupée par un cinquième de spectateurs alors que les règles sanitaires sont totalement respectées.

Rachida Chbani , fondatrice et directrice artistique du festival , mère courage du cinéma arabe de qualité ,résiste contre vents et marées aux situations défavorables.

"PUNCH" première oeuvre de Mohamed Amine Mouna ,révèle un talent qui s'affirmera  certainement au fil des ans.

Le réalisateur bénéficie d'un scénario bien articulé avec de nombreux rebondissements. L'auteur n'est autre que l'acteur principal, Rabil Glim qui a vécu des moments douloureux, proches de son  héros.

La description de la pauvreté, de la violence et du monde de la boxe sont renforcées par une interprétation sans faille de tous les comédiens. A cet excellent casting s'ajoutent des sons adaptés au contexte, une musique discrète mais efficace , une  excellente photographie ,un  montage dynamique.

Des notes d'humour parsèment les dialogues et certaines situations. On entre progressivement dans le film car le personnage est antipathique, violent, glandeur et ses rapports avec son milieu familial, notamment son frère, sont exécrables.

Tout bascule lors de la rencontre avec un ancien champion de boxe, miné par l'alcool qui devient son manager et croit dans cet " animal"  qui finira par découvrir ses possibilités d'épanouissement. 

Un autre élément, une blessure à la colonne vertébrale qui immobilise son frère aîné lui donne des responsabilités.

Après une longue préparation physique , il devient champion de boxe .La morale de l'histoire : chacun peut trouver son troisième souffle et devenir vainqueur alors qu'il faisait partie des vaincus.

Une fin en forme de happy end clôture cette première oeuvre  de qualité qui devrait être distribuée et découverte par un public intergénérationnel.

                                                             Robert Lombaerts 14/10/2020